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Interview : CHEZ.KITO.KAT Records




Chez.Kito.Kat est une structure à plusieurs visages, à la fois label, fédératrice d'artistes multi disciplinaires et organisatrice de concerts. Sam, un des membres du groupe, à accepter de répondre à quelques questions.


WAS : Peux-tu me présenter ton label ?
Sam : Chez.Kito.Kat Records est un label « indépendant » (et NON Subventionné !!) comptant à ce jour 13 références à son catalogue (Vinyles, Cd, Cdr, DVD...) et regroupant une dizaine d'artistes originaires de France, du Luxembourg, du Canada et de Belgique. Nous avons commencé nos activités de label en 2006. Nous sommes actuellement trois à « gérer » la structure. Salima, Christophe et Moi.



Nous nous sommes un peu plus focalisés sur la publication et la confection de disque depuis 18 mois, c'est pourquoi les autres activités de Kito tournent un peu au ralenti en ce moment. Il est tout de même important de préciser que Chez.Kito.Kat n'est pas uniquement un label, mais aussi une structure qui organise des concerts depuis plus de 4 ans, plus d'une cinquantaine en France, au Canada et au Luxembourg.


Enfin, Chez.Kito.Kat, avant d'être un label ou une structure qui organise des concerts, est avant tout un vivier d'artistes aux pratiques différentes: musique, vidéo, photo, graphisme, booking …
Sans ce dernier point, et sans l'aide de toutes ces personnes et amis, la structure n'aurait plus raison d'être.

WAS : Aimes-tu les chats ?
Sam : Uniquement accompagnés de polenta et sauce tomate...

WAS : C'était une idée personnelle le fait de vouloir créer un label ou vous étiez à plusieurs ?
Sam : Je rappel que nous sommes 2 à avoir créer cette structure, 3 à la gérer et une dizaine à faire vivre Chez.Kito.Kat. Je répond donc à cette question de façon personnelle, mais il serait intéressant de poser la même question à mes 2 « collègues ».

Créer un label, ou quelque chose qui y ressemble, c'est une idée qui me trottait derrière la tête depuis un moment. Une idée parmi d'autres. Le classement de mes disques n'a jamais été basé sur le style ou l'ordre alphabétique des groupes mais par label. Peut être un goût de l'identité artistique créé par ces structures. Tous ces labels ayant imposé leurs marques de fabrique, leur identités visuelle et musicale dans des courants différents, Def Jam ou Rawkus dans le Hip Hop, Ninja Tune ou Warp dans l'electro, ~scape et City Centre Office dans l'electronica, Factory dans le post punk, Trojan dans le Ska, Anticon ou Mush dans le nouveau hip hop...et j'en passe...!!


J'ai aussi fait de cette question des labels indépendants mon sujet de recherche universitaire en Maitrise, DEA et Doctorat. Des fois je me dis que c'est peut être une obstination ? J'ai analysé et comparé des structures indépendantes dans la musique et leur mode de fonctionnement. C'est en analysant à Montréal des labels comme Constellation Records ou d'autres structures indépendantes françaises et luxembourgeoises, sur fond de crise du disque et du téléchargement, que j'ai vraiment pris conscience de la portée que pouvaient avoir ces labels sur le petit monde du disque pourtant annoncé moribond, voir agonisant.

Même si les anecdotes sont différentes, cette petite idée courrait aussi dans la tête de Christophe et Salima. La création de Chez.Kito.Kat, c'est aussi et surtout une histoire humaine. Une histoire de rencontres. Tout d'abord Salima, avec qui nous avons créé la structure en 2006 et avec qui nous partageons nos activités musicales depuis 15 ans, bien avant Chez.Kito.Kat d'ailleurs. Il y a aussi cette rencontre avec Christophe, qui coïncida avec le début des hostilités en 2007 et qui a structuré le label d'une façon à avoir chacun un rôle bien défini tout en faisant tourner nos tâches.

Voilà pour le noyau dur de Kito.

D'autres personnes ont influencé inconsciemment le processus d'imagination et de création de cette structure. Avec un peu de recul, je me rend compte à quel point le fait d'avoir pu côtoyer depuis le lycée des activistes de la musique indépendante (Flo, Fab, Sam et Geo de Dead For A Minute par exemple) a été un déclic dans l'amoncellement de nos activités actuelles. Bien que n'ayant pas plus d'affinités musicales avec le punk hardcore, les modes de production, de création et diffusion dans ce courant musical sont devenus une sorte de «modèle inconscient» pour nos productions et leur diffusion.



WAS : Parles-moi des artistes de chez kito kat / Comment les as-tu rencontré ?
Sam : Il y a d'abord les amis, les vieilles connaissances, ceux qui nous soutiennent et nous aident depuis le départ. Flo (interviewé précédement sur WAS) et Dr Geo de Twin Pricks, le duo pop. On se connait depuis le lycée (ex membres de DFAM). Fleo, le spécialiste vidéo qui est tout simplement mon cousin. Il y a ceux rencontrés au Canada. Anthony et Emilie du duo batterie/violon FiliaMotsa, notre première référence en vinyle, avec qui j'ai partagé des dates au Québec ; ils ont depuis pris une direction différente. E1000, le roi Québecois du Dubstep, rencontré sur une scène partagée à Québec City. Niandra Lades et Adèle Blandin, pourtant originaires de Clermont Ferrand, aussi rencontrés à Montréal. Il y a Mr Bios, le projet solo de Christophe. Il joue aussi dans Diaporama accompagné de Tristan maintenant installé en Chine. Denis Dr Hood, notre très talentueux graphiste de Bruxelles, arrivé par le biais de Tof et à qui l'on doit beaucoup de notre identité visuelle. Tout comme Sam (ex Strong As Ten) qui a su créer une certaine identité graphique pour nos Kito Night. Victor Sug(r)cane, le Charles Aznavour de l'electro Luxembourgeoise, qui m'a invité à jouer dans un festival au Luxembourg en 2007 et avec qui nous avons toujours gardé contact depuis. Et puis il y a les derniers arrivés. Benshon Kaliayev, auteur d'un superbe premier album sur Le Kit Corp. et qui travaille actuellement sur le mixage de Beat For Sale. Le très prometteur Alone With King Kong, découvert sur la scène de l'Emile vache et avec qui on partage plus de bières maintenant que de musique. Et enfin les petits jeunes de The Skans, aussi découvert à l'Emile Vache (très beau travail de défrichage de Flo le programmateur !) Ils amènent un peu de fougue juvénile à tout ce label de papy trentenaire !!

Difficile d'énumérer toutes les anecdotes avec chacun...

WAS : Peux-tu me parler de "Komparce" ?
Sam : Komparce, c'est le groupe que nous formons Christophe (Mr Bios) et moi.


On s'est rencontré en février 2007 dans un festival obscur au milieu du 54. On partageait la même scène, lui avec son groupe Diaporama, et moi avec mon projet Solo (Dog Bless You).


Sans vouloir entrer dans les clichés, ça a tout de suite collé musicalement entre nous. Presque une évidence de jouer ensemble. On a pas mal de références communes, des expériences musicales différentes mais complémentaires. On a publié un premier EP sur un label Luxembourgeois en 2007, Schnurstrax records, EP entièrement composé par échange de fichier DATA. Je vivais à Montréal à cette époque et Christophe à Metz. À Notre retour en France, on a commencé à faire de la scène ensemble. Depuis, c'est toujours un bonheur de jouer avec Komparce. Depuis un an le VJ Fleo illustre nos lives de vidéo. On a un peu moins de temps pour composer avec Komparce en ce moment, les activités du label nous prennent tout notre temps libre, et on travaille ardemment sur le premier EP de Beat for Sale, groupe formé des 3 membres fondateurs de CKK, à venir en février prochain.

WAS : Quel a été ton meilleur souvenir sur scène ? (avec Komparce ?)
Sam : Tous mes souvenirs de scène sont bons ! Que ce soit avec Komparce, avec Dog Bless You ou avec Beat For Sale. Chaque expérience est différente, et enrichissante. Je prend tout. J'aime la scène.

Certains moments restent beaucoup plus intense, c'est sûr. Non pas meilleurs, mais vraiment plus intenses. Cela étant certainement dû à la symbolique donné à certains lieux, certaines personnes. Les concerts à la Casa Del Popolo à Montréal par exemple, avec toute la représentation qui entoure ce lieu et le passif que j'ai avec cette ville. Ou alors plus récemment la performance musique / danse en octobre dernier sur l'œuvre de Daniel Buren en compagnie de Sylvia Camarda au musée d'art moderne du Luxembourg (MUDAM). Juste incroyable de voir son nom associé à celui de ce grand monsieur de l'art contemporain.

WAS : Des projets futurs avec Chez Kito Kat ?
Sam : Nous concluons une année 2010 très intense. L'idée serait de continuer dans la même dynamique. On va essayer en tout cas. Nous avons déjà 8 sorties de prévues jusque septembre 2011. Un split Vidéo Dog Bless You/Mr Bios, le deuxième opus de Twin Pricks, le nouvel album de Dr Geo, un deuxième EP pour Alone With King Kong, un nouvel EP de Kaliayev, un premier EP Pour The Skans, un premier EP pour MR Bios et enfin le premier EP de Beat For Sale.

Nous comptons parmi nous de très bon représentants sur la scène « Folk/Pop » (AWKK, TP). C'est pourquoi, tout en continuant à suivre ces groupes, nous aimerions aussi revenir vers nos premiers amours, produire plus d'electronica, de shoegaze, d'ambiant, de breakbeat, de drone et laisser de la place aux musiques expérimentales et aux OVNI sonores qui ont forgé les belles heures de notre culture musicale à tous les trois.

Bref, beaucoup de projets. Autant dire que l'on ne va encore une fois pas beaucoup dormir en 2011.

WAS : Le mot de la fin ?
Sam :  miaow
merci Pauline

WAS : Merci à toi chaton !

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